Pollution : faut-il prendre l’avion ou avoir un compte Facebook ?

On se marre bien nous les sousliks depuis notre haut Arctique. Récemment, nous avons suivi sur Twitter l’accrochage entre plusieurs personnes au sujet de la pollution mondiale. Un particulier qui avait eu le malheur de parler de ces voyages aux quatre coins du globe, dont la plupart nécessitait un acheminement aérien, s’est fait traiter de tous les noms car l’avion ça pollue et ça n’est pas bien !
On a creusé un peu plus le sujet et en effet ça n’est pas bien, mais est-ce aussi mauvais que d’avoir un compte Facebook, un cloud, ou de stocker des octets et des octets de courriels dans sa boite mail ?

Le transport aérien pollue : oui mais est-ce le pire ?

Selon le graphique que l’on consulte, bien souvent les transports (tous types confondus), sont le second émetteur de gaz à effet de serre. Ces données varient selon le pays bien évidemment car bien souvent, les transports sont talonnés par l’industrie et/ou l’agriculture. Voici quelques graphiques d’exemple :

Émissions de gaz à effet de serre par secteur d’activité en 2017 en Europe. Source : European Environment Agency
Émissions de gaz à effet de serre dans le monde par secteur d’activité. Source : statista, 2017
Quelles sont les sources d’émissions de CO2 en Europe ?

Si on parle des émissions de gaz à effet dans le secteur du transport dans son ensemble, c’est le trafic routier qui émet de loin le plus de ces gaz (dominés par le CO2 et les 4×4), avec un pourcentage de plus de 70%. Il est suivi par le trafic maritime, puis l’aviation comme le montre les trois graphiques ci-dessous.

Émissions mondiales de gaz à effet de serre dans le secteur des transports (source)
Émissions de CO2 dans le secteur des transports
Émissions de CO2 dans le monde en 2014 selon le type de transport

Selon l’International Air Transport Association (IATA) qui représente 290 compagnies aériennes et 82% du trafic aérien, le trafic de passagers devrait doubler d’ici 2035. Donc niveau pollution, ça ne va pas être mieux c’est clair. Surtout que dans le même temps, le nombre de véhicules devrait être lui aussi quasiment multiplié par deux…

Quid de la pollution générée par les data centers ?

Parler de la pollution mondiale c’est bien, mais accuser sans cesse le trafic aérien comme la bête noire, c’est se voiler la face. Je voudrai vous parler par exemple des data centers ou centre de données. Il s’agit d’un lieu où sont stockées des milliards de données (vidéos, photos, messages, comptes mails…). Ainsi les messages que l’on s’échange, les vidéos et les photos que l’on partage sont stockées dans l’un de ces gigantesques centres, dont le nombre dépasserait les 7000, répartis sur quasiment tous les continents. Et encore ce chiffre ne comprend sans doute pas les centres de données sensibles et militaires…

Carte des centre de données dans le monde

Le problème des data centers, c’est qu’il faut de l’énergie pour les faire fonctionner, mais également pour les refroidir puisqu’ils dégagent de la chaleur. Même si bon nombre de sociétés passent peu à peu aux énergies renouvelables pour le fonctionnement de leurs centres, le coût énergétique de ces derniers est énorme. Et puisqu’on parlait du trafic arien précédemment et bien figurez-vous que cette année, en 2020, les data centers américains rejetteront autant de CO2 que les avions. Et on ne parle là QUE des centre de données situés aux USA ! Mince alors, l’aviation civile rejette autant de CO2 dans le monde que les centre de données américains, incroyable non ??

Quoi, vous avez toujours un compte Facebook, Google… ?

Donc voilà, stocker vos vidéos sur YouTube, poster l’intégralité de votre vie privée sur Facebook, garder des milliers de courriels dans votre boite mail et bien oui ça pollue un max ! Facebook par exemple a besoin de 18 data centers pour fonctionner, dont un en Suède de 300 m de long et 100 m de large. Google a vraisemblablement plus de 15 centres de données et chaque recherche sur le célèbre moteur de recherche émet du CO2.

Même simplement le fait de naviguer sur internet pollue, cette page vous montre d’ailleurs en temps réel le CO2 émit. Intéressant… Surtout lorsqu’on sait que le poids des pages web a explosé de 150% en trois ans. Cela est notamment dû aux publicité qui représente 39% du poids des pages internet.

Voilà, donc tout ça pour dire aux donneurs de leçon (ONG comprises) sur la pollution liée au trafic aérien (qui est indiscutable), qu’ils devraient peut-être commencer par fermer leurs comptes Facebook, Instagram, Twitter, repenser leur cloud, trier leurs emails et arrêter de poster des milliers de vidéos sur YouTube avant de trop l’ouvrir !

Références :

5 réponses

  1. Moi dit :

    Bonjour,

    C’est pas un peu hypocrite d’écrire ce genre d’article, mais de demander des contributions sous forme de dons via des cryptomonnaies ? Franchement ?

    Cordialement.

    • Siksik dit :

      Bonjour,
      Vous avez le mérite de soulever la question, merci. Je cherche encore l’empreinte carbone totale des serveurs des banques dans le monde, ça méritera peut-être un prochain article en effet.
      Cordialement,

    • Siksik dit :

      Un article qui peut donner quelques éléments de réponse. A creuser en tout cas : “Les critiques prétendent que le Bitcoin est une menace pour l’environnement… Ils se trompent” https://www.aubedigitale.com/les-critiques-pretendent-que-le-bitcoin-est-une-menace-pour-lenvironnement-ils-se-trompent/
      L’original en anglais du MisesInstitute https://mises.org/wire/critics-claim-bitcoin-threat-environment-theyre-wrong

      • Moi dit :

        Bonjour, même commentateur qu’il y a quelques mois. L’article est un torchon. Je n’ai rien contre vous, mais l’article est un torchon. Elle part du principe que le système économique peut perdurer dans le temps, et justifie la position moins polluante du bitcoin en ce basant sur les crises économiques qui, de toutes façons, disparaitrons avec le paradigme capitaliste (qui est à l’origine du problème du réchauffement climatique, enfin après l’enthropie).

        Une des conséquences visible au bitcoin, au delà d’être une roue de secours d’un système de pensé capitaliste : Il y a en ce moment même une pénurie de cartes graphique, et avec la demande croissante du minage, elle n’est pas pret de se résorber d’elle-même. Vous trouvez réellement que c’est solide comme système ? Car de fait, tout un tas d’acteur se voient privés de leurs outils pour s’organiser et produire de la culture, de l’éducation, de la recherche, et cetera. Le bitcoin monopolise non seulement des quantités d’energie, mais aussi des quantités de puissance de calcule de manière exponentielle. Appeller à son utilisation c’est empêcher toute cette puissance de calcule de servir à autre chose que de la spéculation.

        Le Bitcoin c’est de la “technobranlette” pour les gens qui veulent très fort rester dans un système capitaliste. Je comprend, les alternatives aux systèmes capitalistes, sont souvent des systèmes ou le rapport à la technologie est amoindris, ou la question de la pertinence de la technologie se pose avant celle de l’innovation. Pour ceux qui s’identifie à leurs connaissances en informatique, ceux qui se sont construit là dessus, autrement dit les geeks, ces alternatives font peur parcequ’il faudrait alors modérer une certaine addiction aux technologies. Si vous voulez parler d’écologie, je vous suggère de demander au Shift Project s’il peut vous éclairer sur la question de l’écologie et du bitcoin. Pour vous donner une idée de leur préoccupation: selon eux, dans un monde en contraction controlée, le flux de donnée que représente la VOD et le Streaming n’est même pas soutenable. Alors croyez-vous réellement que le Bitcoin soit une solution ? Et si ce n’est pas une solution, alors c’est une perte de temps, d’energie, et de puissance de calcule.

  2. Moi dit :

    Et bien un tel article devrait être intéressant à lire. Je me permet de vous poser une autre question que vous pourrez alors peut-être aborder dans votre celui-ci : lorsque les états ont établis un système, même si ce système n’est pas parfait, cela vaut-il le coup d’un point de vu environnemental d’avoir un second système parallèle uniquement dans la poursuite d’un idéal ? Autrement dit, est-ce pertinent de changer de système ?

    Pour votre étude il va falloir je pense tenir compte :
    – Du gâchis énergétique potentiellement engendré pour passer d’un système à l’autre.
    – De la faisabilité de changer le système actuel si les cryptomonnaies s’avèrent avantageuses pour l’environnement.
    – Et si ce n’est pas le cas, de la pertinence énergétique d’avoir les deux système en parallèle.

    Si nous avions tout notre temps, et toute l’énergie disponible, alors la pluralité des systèmes ne serait pas un problème. A l’heure d’un réchauffement climatique et de la question d’une décroissance, accompagnée ou forcée, je doute de la pertinence de gâcher de l’énergie à remplacer un système certes perfectible, mais déjà en place. De plus il ne faut pas confondre sécurité et pérennité, les crypto-monnaies sont il me semble, tout autant vulnérables à une contraction systémique brutale (parce que le bitcoin, ça ne se mange pas plus que l’euro ou le dollar).

    Bref votre article sera le bienvenu.

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